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Dimanche 8 novembre 2009
Le débat est biaisé. Trahi par les intentions politiques qui se sont postées, à l’affût, derrière une soi-disant “discussion ouverte”. L’Identité nationale ne se discute pas, elle se vit. Et, plus exactement et d’abord, elle se parle.
L’identité d’un peuple s’est longtemps définie par un territoire, une culture, des usages, des valeurs, une histoire et un destin communs, ainsi que, très important, par une langue. Les Etats-nations qui se sont formés au XIXe siècle n’ont souvent fait que consacrer cet état naturel des choses. La mondialisation en général, la fabrication de l’Europe en particulier, dissolvent ces réalités dans un virtuel contresigné en fanfare et gros discours par les fonctionnaires politiciens de l’UE.
Le débat de cet automne, dont le “résultat” sera opportunément publié à la veille des élections régionales, n’a d’autre but qu’électoraliste. Il ne s’agit pas pour les têtes de pioches qui nous dirigent de s’attaquer à un problème de société, à une quelconque dérive morale de la population, des banlieues ou d’ailleurs… Il s‘agit de piquer des voix au moribond bien vivant Front national en particulier, à l’extrême droite française en général. La même stratégie si payante que nous avons vue à l’œuvre il y a deux ans et demi.
L’identité nationale, pour nous Français, elle est claire. C’est un drapeau, un seul, et bleu et blanc et rouge, et non pas bleu étoilé. Et c’est la devise des frontons de nos mairies, Liberté, Egalité, Fraternité.
Or… où en est la Liberté alors que nos politiciens se vautrent lâchement dans la peur que tous nous ressentons devant l’avenir, et qu’ils nomment ignominieusement la “peur de l’autre” ?
Où en est l’Egalité, alors que nos riches sont choyés et exemptés d’impôts à la façon de se qu’il se pratiquait sous l’Ancien Régime pour la Noblesse et le Clergé. Avec l’immense différence que nos riches d’aujourd’hui se gardent bien de consacrer leur sang à la patrie, ou d’user leurs genoux à prier devant l’autel !
Où en est la Fraternité, alors que toutes les ONG qui s’y consacrent, hurlent au ciel le scandale de la pauvreté des petits et des humbles de notre pays, le scandale du traitement inhumain réservé à certaines catégories de travailleurs, précaires en général, et femmes en particulier ? Alors que nos policiers consacrent plus de temps à courir derrière des sans-papiers ayant fui des pays en guerre, qu’a démasquer les escrocs et autres parasites sociaux ?
Parce que la France, c’est cela. Depuis les rois du Moyen-Âge, et leur merveilleuse législation qui a établi le droit du sol… et a donc ainsi dédié et consacré la sainte terre de France comme lieu de repos et de paix pour tous les malheureux de l’univers.
Parce que la France, c’est cela… on ne doit rien au Roy, ni à son Peuple, à condition d’être prêt à perdre sa vie pour que la paix soit maintenue, on ne doit rien au Roy, ni à son peuple, à condition d’enfouir ses jours dans la sombre monotonie d’une vie de prière pour ses frères humains.
Parce que la France c’est cela, une langue claire et belle, dont la logique est universelle, universelle à l’image de la beauté de ses paysages.
Parce que la France c’est cela, un message de liberté, d’égalité et de fraternité qui a si longtemps fait dire aux hommes de bonne volonté de l’univers qu’ils avaient deux patries, la leur, et la France.
Alors… a-t-on le droit d’être fier d’être français, comme un Chinois regardant la Grande Muraille… Comme un Parisien contemplant la Tour… Comme un Egyptien aux pieds du Sphinx ?…
Non, le spectacle de ces babioles architectoniques ne rendra fier que l’imbécile. Car ce n’est pas lui qui y a consacré son intelligence, ni même sa sueur.
En revanche, ne devrait-on pas se demander si l’on est “digne d’être français” ? Digne de Lucie Aubrac tout autant que de Jeanne d’Arc ? Digne des héroïques idiots de la Charge en gants blancs de 14 ? Digne de la tragédie de la Résistance ? Digne de la Marseillaise chantée lors des exécutions du Fort Monluc à Lyon ? Digne de la vie d’un Abbé Pierre ou d’un Charles de Foucault ? Digne des marées humaines du Front Populaire ? Digne des missionnaires de l’Empire d’Afrique ou d’Asie tremblant de fièvres mortelles ?
La fierté d’une identité, a trop souvent une odeur de cuir et de sueurs, de bottes et de matraque, c’est celle de la SS ou de la Milice. C’est la fierté d’une identité collective où l’individu, seul sujet de Dieu, disparaît au profit du groupe, sujet bien souvent du Diable.
Etre digne d’être français, a longtemps été le rêve de tant d’hommes et de femmes de bonne volonté, parlant toutes les langues humaines, issus de tous les sols de la Terre…
L’est-il encore ?
C’est ça, la vraie question.
Rodolphe Clauteaux
Par L'Itinérant
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Lundi 2 novembre 2009
Le mois d’octobre qui vient de passer, a été faste pour les juges d’instruction. Ces juges, de “petits” juges, ont osé s’opposer au Pouvoir un mot qui possède le même grand “P” que “Parquet”.
Jean-Marie Messier est soumis à un procès en correctionnelle, alors que le Parquet réclamait la relaxe. Quant au procès de l’“Angolagate”, et les ventes d’armes interdites à un état en guerre, la peine très sévère envers le Sénateur Pasqua… un an de prison ferme… contredit la volonté du Parquet, c’est-à-dire de la Chancellerie, c’est-à-dire du Pouvoir, qui avait demandé une condamnation beaucoup plus légère de trois années d'emprisonnement avec sursis.
Et, pavé dans la marre, vendredi 30 octobre, Jacques Chirac devra bientôt passer devant les juges pour “abus de confiance” et “détournement de fonds publics” !
Il y aura aussi, ensuite, la réponse du tribunal qui a jugé l’affaire Clairstream… Si M. de Villlepin est mis hors de cause, relaxé, ou légèrement condamné avec sursis, ce sera alors la déclaration de guerre totale entre les juges d’instruction, les juges de tribunaux, et le Président de la République.
Comment en est-on arrivé là ? Une guerre entre l’Instruction et le Parquet… Une lutte de pouvoir entre les “petits” juges et la Présidence de la République !
Il faut remonter le temps, et l’histoire récente.
A Outreau, le témoignage des enfants a été pris pour argent comptant, celui d’une des accusées, déclarée coupable par la suite, a eu valeur de paroles d’Evangile, et Fabrice Burgeaud, le “petit juge d’Outreau”, seul dans son cabinet, délaissé par ses pairs plus âgés et de plus d’expérience, s’est laissé aller à prendre ses convictions personnelles pour des vérités descendues du Ciel. Conséquence… un suicide, des années de prison, de l’honneur perdu, et des blessures impossibles à guérir. A la fin de cette “affaire” abominable, l’opinion publique était remontée contre le juge Burgaud en particulier, et contre “les juges d’instruction” en général. M. Sarkozy, qui était Ministre de l’Intérieur, n’a alors pas manqué de commencer à distiller son venin dans cette “opinion” publique si malléable, et à jeter le discrédit sur les juges d’instruction, leur manière d’opérer, et alors à promouvoir son désir de réformer la Justice.
Un désir qui n’a en fait d’autre but que de… non pas faciliter la vie des justiciable modestes, M. et Mme Toulemonde, mais de faire en sorte que la Justice soit aux ordres du Pouvoir. Avec la conséquence, oubliée dans ce débat qui centre le problème sur l’indépendance de la Justice vis-à-vis du Pouvoir politique, que la justice, au niveau de l’instruction, ne sera plus “égalitaire”, qu’envers les citoyens les plus riches.
En effet, aujourd’hui, que vous ayez pu vous payer un avocat du haut du pavé ou que vous soyez sous assistance juridique, l’instruction de votre affaire, est faite par l’Etat, avec l’argent des contribuables. Les juges d’Instruction sont des fonctionnaires remplissant une mission de service public. Et ils sont aidés, dans le cadre de l’instruction, par des enquêteurs eux-mêmes fonctionnaires, à savoir, des policiers. Tout cela non compris les travaux si coûteux de laboratoires et autres services techniques de la Police judiciaire… Or, comme les supporters de Michael Toney ont pu s’en apercevoir, la Justice américaine, est, elle, bien plus économe de l’argent des contribuables de là-bas. Ce qui fait que lorsque vous êtes accusé, d’un crime ou d’un délit, aux USA, la charge de la preuve… en l’occurrence qui devra vous innocenter… est à votre charge. C’est vous qui payez les enquêteurs que votre avocat… et s’il est le mieux payé tant mieux pour vous… ordonnera selon sa connaissance du dossier et des juges avec qui il “négocie” souvent la tournure de votre procès.
Est-ce cela que nous voulons en France ?
Les Français, dans une récente enquête d’opinion CSA, ont répondu à 71% qu’ils faisaient (à nouveau) confiance en leurs juges d’instruction. Et ils sont 55% à estimer que leur suppression « est une mauvaise chose car la loi va entraîner un contrôle du pouvoir politique sur les enquêtes les plus sensibles ». Remarquons que cette enquête était biaisée, puisque n’y apparaît pas l’instruction simple et tout venante, celle du procès intenté à la suite d’une plainte, contre M. et Mme Toutlemonde… Couple de citoyens qui n’a rien à faire dans un procès politique, mais qui si, n’a pas la fortune qu’il lui faudra demain pour payer avocats et enquêteurs privés si la réforme de M. Sarkozy passe, consacrant alors une Justice à plusieurs vitesse, dont une, très lente, très coûteuse et infiniment plus sévère, pour les plus pauvres d’entre nous.
Un journaliste, je me répète, américain, m’a affirmé, il y a quelques temps, « que aux Etats-Unis, jamais un riche n’avait été condamné à mort » !
On ne s’étonnera pas si on sait pourquoi.
Rodolphe Clauteaux
Par L'Itinérant
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Lundi 2 novembre 2009
Ça y est ! Le “Réchauffement Global” vient de prendre un rhume. Des scientifiques absolument sérieux, pas du genre de ceux qu’on a à la Rédaction de L’Itinérant, “pensent” qu’ « il est possible que nous entrions dans une décennie voire deux où la température baissera »… C’est Mojib Latif, de l’Université allemande de Kiel, climatologue réputé qui, lors d’une conférence internationale de l’Organisation Météorologique Mondiale, a lâché cette énormité. Et c’est notre confrère Le Monde du 21 octobre qui ose la répéter. Il faut dire que depuis 2005 les océans n’ont pas bougé. Pas “monté”. La hausse de 3,3 mm à laquelle ils nous avaient habitués depuis une ou deux décennies, n’a pas eu lieu. Evidemment, les “pro” réchauffement, arguent que ces trois ans ne furent qu’une simple “halte”, qui s’explique par une capacité supérieure (« imprévue ») des océans à absorber la chaleur de l’atmosphère. Capacité supérieure aux estimations des premiers calculs des scientifiques (entre autres, ceux des Prix Nobel du GIEC). Mais que maintenant, ça y est, la hausse est repartie à la hausse ! La France est menacée ! Oh !… Non pas par la mer, elle ne va pas submerger Paris ou New-York dans l’immédiat, mais par les hordes d’“immigrants météorologiques” que nous allons bientôt devoir accueillir sur les contreforts des Alpes ou du Massif Central.
De toute manière, cette “découverte” de l’Université de Kiel, cette “pause” dans la montée du mercure planétaire, va compliquer le travail des chercheurs du GIEC lors du sommet de Copenhague. Ceux-ci veulent en effet que nous réduisions drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Nous tous, à commencer par les pays les plus riches.
Alors, on en est où ?
D’un côté, on affirme que le réchauffement de la planète est causé par le CO2 émis par les industries et autres automobiles. La composition de cette atmosphère enrichie en CO2 “protège” alors moins l’atmosphère des rayons solaire qui alors “chauffent” davantage. Conséquence, faut rouler ou faire fumer les cheminées d’usine autrement qu’au pétrole.
Et accepter un nouvel impôt, la “Taxe carbone”, en souriant.
Et imposer aux pays en développement ce que les pays industrialisés (nous) ne se sont jamais imposés.
Plus tout un tas d’autres choses, dont le plaisir obligatoire et politiquement correct d’avoir à remplir son réservoir d’essence avec le salaire annuel d’un Chinois exilé en Mongolie.
Et surtout, ne pas s’inquiéter d’un pétrole “cher”, extrêmement, étant donné d’abord et avant tout qu’il va être de plus en plus rare, à tel point que d’ici 2050, il n’y en aura plus du tout…
De l’autre, certains sceptiques font remarquer que du pétrole, on en découvre chaque jour davantage. Et que, s’il est certain que le règne de l’or noir “facile”, c’est-à-dire comme celui du Texas du début du siècle, ou d’Arabie saoudite, c’est-à-dire gisant à quelques dizaines de mètres de profondeur, est aboli… à trois ou quatre mille mètres, sous les océans, ou dans les sables canadiens ou alaskans, du pétrole, il y en a, et beaucoup, énormément. Et pour plusieurs centaines d’années si l’on continue à en consommer comme l’on en consomme aujourd’hui. Il est certain que ce pétrole, schistes bitumineux ou océanique profond, ne peut être extrait et vendu à 40 dollars le baril. Et que donc, les compagnie pétrolières, sont peut-être les premières à désirer que le pétrole soit le plus cher possible. Et que donc, elles sont également les premières à être ravies de la grande peur à la mode. Et que de là à donc penser qu’elles seraient à l’origine de cette grande peur… il n’y a qu’un pas. Un pas qu’il faut franchir avec prudence, certes. Mais on pourra alors se rassurer en songeant au fait que les calotes polaires martiennes ont diminué du quart de leurs anciennes surface depuis une vingtaine d’années, et que toutes les planètes du Système solaire ont vu leurs atmosphères brutalement modifiées toujours depuis une vingtaine d’années. Et que là-bas, ce n’est pas notre CO2 qui en est la cause…
Se rassurer en se disant que le charbon et le pétrole, ont en leur temps sauvé les arbres de la planète. Car si le progrès technique avait suivi à peu près la même courbe que celle qui a été la sienne depuis deux siècles, mais sans charbon ni pétrole, il y a beau temps que toutes les forêts auraient disparue, coupées par les hommes afin d’en faire du charbon de bois, le même que celui du barbecue du dimanche, afin d’alimenter les chaudières des voitures et autres camions gazogènes. M. Diesel découvrant son moteur à explosion alimenté au “naphte”, n’aurait alors mis au point qu’une simple curiosité mécanique.
Tout cela écrit, en fait, pour réfléchir en même temps que le lecteur de ces lignes… Et que, à l’image de la main des Dupont et autres chimistes qui ont sû tracer un tableau effrayant du fameux Trou de l’Ozone, produit par les CFC, dont le brevet tombait alors dans le domaine public… Dans ce “global warming”, ce réchauffement global, n’a-t-on donc pas, là aussi, une main… Mais cette fois-ci, celle des pétroliers ?
Rodolphe Clauteaux
Par L'Itinérant
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Lundi 2 novembre 2009
Lorsque j’étais enfant, à Noël, au pied de l’arbre, notre mère nous faisait déposer certaines de nos chaussures. Le lendemain matin, nous y trouvions les cadeaux que le bon St Nicolas nous avait apportés. Mais il fallait, l’évêque des trois petits enfants mis au saloir étant relativement généreux, que nous allions chercher nos chaussures les plus grosses. Celles que nous utilisions rarement, le dimanche seulement, pour aller “marcher à la campagne”. Des chaussures qu’en ce temps-là, nous appelions des godillots.
Cela dit, on le sait tous, St Nicolas n’est généreux qu’avec les enfants sages. Les godillots, même bien cirés, ne se remplissaient pas si l’on s’était mal conduit durant l’année.
Aujourd’hui, pour certains d’entre nous, enfin… pour certains d’entre “eux”, ceux qui sont bien sages, c’est tous les jours Noël. C’est tous les jours Noël à conditon bien évidemment qu’au pied de “Mon Beau Sapin roi des forêts” désormais devenu bananier, ils aient déposé leurs godillots.
Il suffit donc d’être sage et d’avoir des godillots, en d’autres mots, d’être riches et puissants.
Puissants… car avec 30% des voix à se répartir entre cinq ou six candidats, comme à Poissy la semaine dernière, on y est élu par 93373 voteurs… Pour une ville de soixante-dix mille électeurs, ça fait pas cher la puissance, mais ça suffit.
Ce qui fait que “nos élus” ne sont donc plus élus au “suffrage universel”. Ils sont élus par un petit nombre d’entre “eux”. Un petit nombre qui arrose et soigne ainsi son bananier.
Et que ce soit à la future municipalité judoka de Poissy, ou à l’Assemblée “nationale”, “ce” qui est alors élu, n’est plus de fait, maire ou députés, que des godillots au pied du bananier attendant que St Nicolas et ses acolytes, y déposent les cadeaux.
Pour cela, il ne faut pas faire peur. Il faut avoir un visage à l’air heureux et satisfait et rubicon, du bon évêque, la main applaudissante et les pieds joints. Il ne faut pas faire peur, ce qui fait que si les riches et les puissants ont la bonne mine qu’il faut, les extrêmes, eux, sont mal vus.
Le temps où nous avions un vrai parti raciss et xéno, franc et massif, réellement élu, est révolu. Et on peut, d’une certains manière, le regretter. Car aujourd’hui, solubles dans la liqueur à la banane, les anciens du FN, et de chez le Vendéen, ceux qui ont les plus gros godillots, ont rejoint le parti du bananier.
Cela ne veut évidemment pas dire, les opinions des Français n’ont pas changé pour autant, que les racistes et les xénophobes aient disparus. Non, ils sont toujours là, mais ils n’ont plus de parti à leur image. Ils se sont fondus dans l’Unique Masse Partisane, celle du bananier et de St Nicolas.
Et là, les godillots bien posés, ils attendent St Nicolas. Et alors, les cadeaux pleuvent. Du côté des miyardères surtout. On y a le paquet fiscal, les niches, les aides de l’Etat, celles de la Komission de Bruxelles. Et, dernier cadeau dans leurs godillots, les milliards d’euros à payer pour les tonnes de vaccins et de masques contre la grippe du cochon !…
Pendant ce temps-là, les enfants pas sages, ceux qui n’ont pas su ou voulu devenir miyardères, vont se faire soigner par des médecins de plus en plus sages, et donc chers, dans des hôpitaux de plus en plus sages, et donc chers.
Et à la Poste, et à France Telecom, et chez Renault ou sur les rails, ceux qui n’ont pas de godillots, ou qui n’en ont pas voulu, font comme chaque année le fait une centaine de prisonniers de nos prisons médiévales, ils se suicident.
St Nicolas, fera-t-il alors pour eux ce qu’il a déjà fait pour les trois enfants égorgés et mis dans le sel du saloir du boucher du village ?…*
Rodolphe Clauteaux
* Pour ceux qui ne connaissent pas la légende du plus fameux miracle de St Nicolas :

PS.: Christine Boutin n’avait pas de godillots sous le bananier. J.S. si.
Par L'Itinérant
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Mercredi 30 septembre 2009
Une famille américaine tout ce qu’il y a de plus normal et de propre sur soi, était partie en vacances. Deux semaines max pas plus. Les congés payés longs, loin, là-bas, dans ce pays de cocagne, c’est pas pour les salariés, mais pour les actionnaires. Un yacht, faut que ça soye occupé, que ça navigue, sinon ça pourrit tout seul, et pour avoir un yacht pas pourri, faut être actionnaire. Et pour être actionnaire et se payer un yacht, faut des employés salariés qui prennent des congés payés de deux semaines max pas plus.
Or donc, la famille en question était en vacances. Et la maman, et le papa, ont pris des photos… “de vacances”, des photos de leurs deux petites filles, Jenny 8 ans, et Ann, 2 ans. Des photos comme on en prend tous, même nous, ici, en Europe en général, en France en particulier. Des photos autour du gâteau d’anniversaire, des photos sur la pelouse de la maison prêtée, des photos dans la baignoire, dans la salle de bain… sur la plage… des photos qu’on appelle des photos de familles.
La particularité de ce couple et de ses deux enfants, c’est qu’ils n’avaient pas encore cédé à la mode de l’appareil photo numérique. Ce qui fait qu’il leur faut attendre de les faire développer avant de les voir. Quand on n’en a pas perdu l’habitude de la pelloche, c’est pas grave. Et pour la famille c’était pas grave, ils avaient leurs habitudes au Walmart du quartier. Ce gros super marché a un “photo-minute”, avec un gus très aimable en gants blancs qui développe les photos des attardés amoureux de la pellicule.
Or donc de retour de San Diego et de la maison prêtée par des amis de là-bas, Lisa et Anthony Desmaree une fois arrivés dans leur maison de Peoria, Arizona, ont foncé chez le mec sympa aux gants blancs pour voir leurs filles quand elles rigolaient pendant les vacances.
« En moins d’une heure ! »… qu’ils disent sur la devanture. Et c’est vrai, en moins d’une heure Lisa était au comptoir du développeur.
Y’avait deux flics qui l’attendaient.
Et elle a été emmenée, et elle est restée en garde-à-vue, et son mari l’a rejointe.
Et les deux petites filles ont été, elles aussi, emmenées par une assistante sociale très très sympa, loin de chez elles.
Et Lisa et Anthony ont été accusés de pédophilie.
Oui. Le zélé type en gants blancs a vu des photos des petites filles dans leur bain. Nues !!! Horreur !
Son sang n’a fait qu’un tour, sa citoyenneté de bon Américain, pareil. Il a appelé la police. Et la police est venue a vu les photos, et a transmis l’accusation au Procureur de Peoria, Arizona.
Les Desmaree, ce sont des salariés, pas des actionnaires, mais heureusement, ils ont un peu d’argent de côté. Enfin… ils avaient. Alors ils ont pris un bon avocat. Ce qui fait que un an et 70000 dollars plus tard, les Desmaree ont récupéré leur honneur, leurs deux filles et ont déménagé du quartier qui leur avait tourné le dos. Car l’avocat a réussi à prouver au juge que ces photos prises par le papa et la maman n’avaient rien de “sexual”.
Vous me direz, « ils sont fous ces Américains ! ». Je vous dirai « oui ». Et « non ».
Car l’ennui, c’est que ça s’est à peu près passé pareil en France.
M. Fournel est Auvergnat-auvergnat (c’est-à-dire pas de la “variété hortefeux”), il a 54 ans, et habite à Aubière dans la banlieue de Clermont-Ferrand. Le 16 septembre dernier, ce père de famille nombreuse, il a cinq filles de 5, 8, 9, 12 et 14 ans, s’en va chez son marchand de journaux habituel chercher ses photos de vacances. Lui non plus n’est pas un adepte de la photo numérique… Deux femmes policiers l’attendaient.
Et l’ont emmené au commissariat de Clermont-Ferrand.
« Je pensais que c’était une blague ! ». Eh ben pas du tout.
Quelques jours plus tard, M. Fournel était blanchi, les photos avaient été prises par l’une de ses filles, il y avait au milieu de confettis, d’un Pif le Chat en peluche, tout nu lui aussi… une petite fille qui allait se baigner, nue…
Mais heureusement, les policiers se sont dit qu’ils allaient être ridicules auprès d’un juge d’instruction avec les pieds sur terre.
MAIS, entre ces deux affaires apparemment semblables, il y a une grosse différence. Les Desmaree de l’Arizona ont dû aller chercher un avocat et payer toutes les enquêtes qu’il a pu imaginer afin de les blanchir lors d’une audience auprès de l’Attorney general… Dans le cas de notre Auvergnat, les policiers savent qu’un juge d’instruction va ordonner une enquête… qu’il cherchera, lui, l’innocence ou la culpabilité des inculpés. Les policiers savent qu’un juge n’aime pas perdre son temps. Ils réfléchissent donc avant d’aller plus loin dans la bêtise. Ce qui fait que la réforme du juge d’instruction voulue par notre (“leur”, pas le mien) président Sarkozy me fiche la pétoche. Le jour où ce sera à l’accusé de fournir les preuves de son innocence, de payer les enquêtes ordonnées non pas par le juge mais par l’avocat, nous serons tous des justiciables à l’américaine.
C’est-à-dire riches, ou… coupables !
Rodolphe Clauteaux
Par L'Itinérant
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