Si c’est bien dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes… le Service civique est le mauvais potage d’une casserole neuve.
Et c’est Martin Hirsch qui s’y colle.
Après le RSA, une usine à gaz à laquelle personne je dis bien personne ne comprend vraiment quelque chose si ce n’est que ce mécanisme est destiné à remplacer, et a remplacé, le RMI dont le “I”
d’Insertion n’a jamais fonctionné, l’ancien patron d’Emmaüs est à nouveau au service de notre Gouvernement au service des riches, pour présider l’Agence du Service civique.
C’est au milieu des années 90 du siècle dernier, que les sophistes et autres démagogues de toutes les sortes, se sont emparés du Service militaire républicain, démocratique et économiquement
rentable pour les Armées, ainsi et surtout, puisqu’on parle de casserole, le merveilleux chaudron où se cuisinait l’identité nationale. Il s’en emparèrent, ces politiciens à la petite semaine,
pour le remplacer par « quelque chose de plus adapté aux temps modernes que vit notre société ». Ils ne le remplacèrent pas. Il supprimèrent sans rien apporter de nouveau.
Car il n’y avait rien à apporter de nouveau.
Le Gouvernement de Vichy au doigt et à l’œil de l’Europe Nouvelle et Nazie, avait créé les Chantiers de Jeunesse pour remplacer un service qui nous était interdit.
Ni Chirac ni Balladur ni Juppé ni Jospin n’eurent autant d’imagination. Et les Militaires durent creuser le déficit (qui… lorsqu’il s’agit des armes ne se calcule pas alors que la Santé est
soumise aux comptables !…) afin de remplacer à très grands frais les compétences perdues des Appelés.
Et la France et la République et son peuple, perdaient ainsi le devoir démocratique d’être prêt à se battre pour la Nation. La gloire éventuelle… banalisée et offerte aux petit peuple… le devoir
de “servir”, imposé à tous et à toutes, même à ceux qui attendent en bas de leur immeuble leurs 25 ans qui ouvrent droit au RMI, au RSA aujourd’hui… Le mélange, au moins théorique et souvent
réalité, du fils du riche et du fils du pauvre dans la même chambrée… tout cela faisait brouillon, vieux jeu, pas suffisamment démagogique pour nos dirigeants au doigt et à l’œil de l’Europe
Nouvelle et Ultralibérale.
C’était le 19 fructidor de l’An VI, c’est-à-dire le 5 septembre 1798, sous le Directoire, que Jean-Baptiste Jourdan, vainqueur de Fleurus, lors d’une séance à l'Assemblée des Cinq-Cents, fit
voter la loi qui instituait la conscription et le service militaire obligatoire. L'article premier affirmait que… «Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ».
Que
pourrait-on dire de mieux aujourd’hui, et en si peu de mots ?!
La guerre n’était donc désormais plus celle de mercenaires qui se payait sur les territoires conquis, de nobliaux qui courraient au combat, c’est-à-dire à la gloire et à la mort, afin de payer
par leur sang leur dette, celle de l’honneur et de l’oisiveté…
La Révolution banalisait donc un privilège. Il est normal que nos dirigeants politiques, bourgeois sans noblesse aucune, voire boutiquier dans l’âme, aient vu dans ce récif historique, une injure
à l’ordre nouveau, celui du piston et du pognon. En effet, nos nouveaux “nobles”, s’ils ont l’oisiveté, n’ont pas d’honneur ni aucun désir de payer leurs dettes envers le petit peuple !
Les Témoins ont-ils “lobbiyé” afin de supprimer une obligation qui leur est interdite par Jéhovah Soi-Même ? Peut-être… Après tout, en France, on ne demande pas la religion d’un dirigeant
politique.
Ce qui est certain, c’est que cette mesure, “démocratique”, était “populaire” et devait donc apporter les nombreuses voix de cette « Jeunesse française qui avait d’autres devoirs désormais
». Jeunesse qui en effet a le devoir de passer tous les quinze jours à Pôle Emploi afin de vérifier qu’il n’y a toujours pas de travail pour elle, malgré une compétence musculaire ou
universitaire certaine ! Jeunesse qui donc n’a pas apporté sa voix car elle n’a plus de voie où marcher, où aller, où vouloir. Voter, c’est aller quelque part. C’est vouloir quelque chose. Nos
dirigeants ne veulent pas que nous voulions quelque chose ni que nous allions quelque part. Ils ne nous parlent plus du futur, sinon, celui, triste, de nos retraites. Mais ils désirent,
résolument et avec une ferme détermination, que nous ne fumions pas que nous soyons attachés dans nos voitures que nous achetions un ticket de métro que nous sortions couverts que nous mangions
cinq légumes par jour et que nous ayons accepté de remplacer des augmentations de salaires par des crédits à la consommation.
Charles Martel se dit qu’il aurait pu ne pas…
Jeanne d’Arc regrette ses moutons et les Anglais !
Péguy et Bernanos en pleurent, même au Paradis !
De Gaulle s’en retourne !
Rodolphe Clauteaux